Sculpture sonore sensitive immatérielle et tactile
Une sonopture nous permet de littéralement « palper du son ». Le son s’expose et la matière sonore s’appréhende par le sens du toucher pour nous faire vivre une expérience sens-fictionnelle et ainsi éveiller notre monde invisible des émotions, des désirs et des rêves.
À une ère avancée du numérique, les nouvelles technologies de plus en plus présentes dans notre quotidien, changent notre manière de vivre, de communiquer et d’appréhender notre environnement.
J’explore à travers le concept de la « sonopture » (contraction des mots « son » et « sculpture ») une nouvelle façon d’entrer en relation avec les choses qui nous entourent pour offrir à celui qui va en faire l’expérience, des sensations synesthésiques, haptiques et énactiques inédites.
Définition
Sonopture est un terme inventé, contraction des mots « son » et « sculpture ».
Une sonopture est une sculpture, mais au lieu d’être sculptée dans un matériau tel que du bois ou de la pierre, elle l’est dans de la « matière sonore » qui a la particularité d’être invisible et immatérielle. Elle a aussi cette étonnante propriété d’être sonore et tactile.
Mais si une sculpture traditionnelle est généralement sculptée dans des matériaux tels que la pierre, le bois ou le métal, la sonopture, elle, est « sculptée » dans ce qu’on peut appeler une « hyper‑matière ».
Cette dernière transcende les propriétés usuelles de la matière et peut revêtir dans le cadre de la sonopture, les caractéristiques suivantes : invisible, immatérielle, sonore, musicale, intelligente, sensible, sensitive, lumineuse et interactive.
Imperceptible donc par l’utilisation habituelle de nos sens, la seule façon de l’appréhender, c’est d’aller la « toucher » là où on sait qu’elle se trouve. Puis instantanément, la sonopture va alors réagir de manière sonore au gré de nos mouvements de main et en répondant avec finesse à ses moindres subtilités.
Si nos sens, utilisés seul ne peuvent la « saisir », la seule façon d’y parvenir est de faire appel naturellement à notre capacité de perception synesthésique qui consiste à utiliser de manière associative au moins deux de nos sens.
Ici, le concept de la sonopture utilise la combinaison des sens du toucher et de l’ouïe. Ainsi, grâce à ce dispositif, une personne qui va expérimenter l’œuvre sonopturale va naturellement activer en lui comme un nouveau sens avec lequel il pourra alors appréhender une entité qu’il n’a encore jamais rencontrée.
Ce moment du premier contact va alors lui ouvrir un nouveau champ de perception et éveiller ainsi son monde invisible des émotions, des désirs et des rêves.
Principe
Grâce à un système de détection élaboré et discret, transparent pour le spect-acteur, le programme informatique de la sonopture, virtualise dans l’espace sa forme volumique comme si elle la projetait à la manière d’un hologramme tridimensionnel, que l’on peut voir typiquement dans des films de science-fiction.
Les formes de la sonopture sont sculptées par le biais d’un autre programme informatique et un dernier va régir son esthétisme sonore et ses propriétés acoustiques. Tous ces programmes sont interconnectés et sa mise en œuvre se passe en temps-réel avec le spect-acteur : point crucial pour produire l’effet souhaité et faire émerger une matière sens-fictionnelle.
Attachées à cet article, des photos illustrant mes propos. Sur chaque couple de photos, celle de gauche correspond à ce que l’on voit réellement et celle de droite est en fait la même sur lequel on a représenté visuellement par photomontage, la forme sonopturale telle qu’elle a été définie dans le programme informatique.
Concrètement, comme le montre ces photos, pour appréhender une sonopture, on va approcher notre main à l’endroit où on nous a dit qu’elle se trouvait, c’est-à-dire dans le vide. Puis grâce au système de tracking vidéo, le programme informatique va pouvoir savoir quel endroit de la sonopture est touché et ainsi produire les sons appropriés.
C’est l’artiste-sonopteur qui, dans son processus de création et selon ses intentions plastiques, lui confère différentes propriétés acoustiques, règles d’interaction et formes volumiques.
Perspectives
La sonopture se positionne comme un médium nouveau et s’inscrit à mi-chemin entre l’art contemporain, le design sonore, la sculpture et l’art numérique.
L’évolution de l’art dans l’histoire, a toujours été intimement liée à celle de la technologie. Et dans une ère des technologies émergentes où les surfaces tactiles contrôlent les fonctionnalités de nos téléphones portables, où les gens sont connectés par des liens sans fils, où les jeux vidéo sont contrôlé par le mouvement de notre corps et où les films au cinéma sont en trois dimensions (pour ne citer que ça), la sonopture se positionne dans le prolongement logique, d’une sensorialité et d’une sensibilité à la fois préparée et en expectance : elle donne une nouvelle modalité de perception esthétique qui se situe dans l’horizon d’attente des hommes d’aujourd’hui.
Ce dernier, en tant qu’être vivant et possédant cette capacité d’entrer en relation avec son environnement par le biais de signes et de symboles, insuffle aux moindres parcelles du monde perceptible, une valeur et une signification qui les transcendent et les renvoient à chaque instant au monde invisible des émotions, des désirs et des rêves.
Créations
Sculpture sonore tactile interactive immatérielle et lumineuse
« Sonopture Eau-rganique » est une matière sonore aquatique qui prend vie grâce à son expressivité musicale et lumineuse.
L’expérience sensible et sensorielle reste toujours au cœur des créations sonopturales. Et le choix de l’eau comme thème n’en est pas anodin.
L’eau est tout d’abord une composante essentielle à la vie et l’histoire des différentes civilisations humaines y est toujours intimement liée.
Par ailleurs, baigné dans un liquide amniotique avant de venir au monde, l’homme, a par la suite toujours cherché à vivre proche d’elle, la rediriger, l’assainir, l’étudier, la transformer, la récolter, la boire, la rechercher, la contrôler, etc...
Sonopture Eau-rganique propose ici une autre façon de plonger en elle, de la découvrir et de l’explorer, pour faire ressurgir une sensation originelle inhérente à notre nature humaine et à notre nature d’être vivant.
Description
Alors que les sonoptures Flora et Acqua, se présentent « posées » sur un socle et avaient respectivement une forme de rose géante et une forme de cube.
Sonopture Eau-rganique, elle est un peu différente dans la façon dont la matière sonore est utilisée. Le socle est toujours présent mais tient ici un rôle bivalent de « sculpture-socle ». Cette dernière a la forme d’un puits carré dont les parois sont constituées par l’empilement de petits cubes de bois espacés les uns aux autres et laissant apparaître des fentes régulières.
C’est dans ce puits que la matière sonore de nature aquatique se trouve et il en est rempli à ras bord. Ainsi, la forme volumique de la sonopture est ici clairement identifiable car elle épouse la forme intérieur creuse de son contenant.
Scénario
En entrant dans le lieu où se trouve Sonopture Eau-rganique, le visiteur s’en approche et l’observe d’abord sans la toucher. Puis après ce court moment de méfiance amusé dû à la confrontation d’un objet dont il ignore tout, il se sent alors prêt à initier le premier contact.
Il commence donc intuitivement par plonger sa main à l’intérieur du puits. Aussitôt, une réaction sonore se fait entendre. Il a l’impression de remuer de l’eau liquide alors qu’il n’y en a pas une goutte.
Ce qui va le saisir de stupeur est le réalisme acoustique de cette eau immatérielle qui reproduit exactement ses fluctuations et modulations sonores au gré de ses mouvements.
D’un geste rapide, modéré ou lent, l’eau sonore répond en conséquence. Aussi, plus il va plonger sa main dans le puits et plus le son va devenir sourd, comme si on l’entendait en étant sous l’eau.
Il essaiera tous les gestes qui lui vient à l’esprit pour tester son niveau de réalisme et en viendra toujours au même point, celui où il se trouve dans un état d’étonnement et d’émerveillement.
Sculpture sonore aquatique, immatérielle et tactile
« Sonopture Acqua » est une sonopture d’eau brute sculptée en forme d’un cube d’environ quarante centimètres de côté.
Elle est posée sur un socle noir, aux surfaces entièrement velourées qui appelle à être touchées. Elle réagit au va-et-vient de la main. Son réalisme acoustique et son dynamisme interactif sonore, nous donne l’impression et la sensation de remuer réellement de l’eau alors qu’il n’y en a pas une goutte. Plus on plonge sa main dans le cube et plus le son devient sourd, comme si l’on était sous l’eau. Le visiteur peut y prendre plaisir car il palpe une matière qui n’est pas là mais qu’il reconnait et qu’il reconstitue mentalement et naturellement.
« Flop-flop-flop », « Gloup-gloup », « Brouuuuu », tels sont les genres de sons qui émanent de l’endroit même où se trouve la sonopture, au moment où le visiteur la palpe. Au-delà de son aspect ludique indéniable, cette expérience « sens-fictionnelle » explore en fait la matière sonore dans son aspect le plus brut et épuré.
Le choix de l’eau comme thème sonoptural n’est pas anodin. L’eau est tout d’abord une composante essentielle à la vie et l’histoire des différentes civilisations humaines y est toujours intimement liée. Par ailleurs, baigné dans un liquide amniotique avant de venir au monde, l’homme, a par la suite toujours cherché à vivre proche d’elle, la rediriger, l’assainir, l’étudier, la transformer, la récolter, la boire, la rechercher, la contrôler, etc...
Sonopture Acqua propose ici une autre façon de plonger en elle, de la découvrir et de l’explorer, pour faire ressurgir une sensation originelle et réminescente, inhérente à notre nature humaine et à notre nature d’être vivant.
Sculpture sonore florale immatérielle et tactile dans une installation immersive sonore spatialisé
« Sonopture Flora » est une installation immersive poétique qui réquisitionne avec abus notre sensibilité auditive.
En entrant dans ce lieu, nous sommes entourés par le paysage sonore de la nature, accompagnée de ses humeurs climatiques. Dans un microclimat où le temps météo change entre soleil, vent, pluie et orage, évolue une sonopture – une sculpture sonore tactile, invisible et immatérielle qui occupe néanmoins un espace aux contours et aux formes bien définis et réels.
Flora, c’est le nom de la sonopture. Au doux caractère féminin, elle est sensible, et ne fait pas exception des relations intrinsèques qu’un être vivant entretient avec son environnement extérieur.
Qu’elles soient d’ordre écologique, social ou sensoriel. Le climat peut fluctuer instantanément en fonction des états d’âmes de Flora, tout comme ces derniers peuvent changer selon les gestes et les intentions portés par le visiteur sur elle. Ainsi, dans ces interactions intimes et mutuelles possibles, le visiteur fait parti d’un récit dont il prend part à l’écriture en temps-réel.
Dans cette mise en scène, Sonopture Flora, nous installe donc dans un écosystème augmenté où les lois internes habituelles régissant le monde « normal » sont détournées pour faire émerger de nouvelles sensations et pour suggérer un nouveau rapport avec la nature et ses éléments. Alors baignés dans une sensation onirique surréelle, nous sommes invités à vivre une expérience « sens-fictionnelle », où les sensations issues de nos sens se mélangent au moment où l’on « touche » cette sonopture immatérielle et où l’on « palpe » une matière sonore intelligente.
Par ailleurs, ses réactions vocales, stimulent et suscitent une interprétation et une perception esthétique qui renvoient à chaque instant à notre monde invisible personnel des émotions, des désirs et des rêves.
Mais au-delà des nombreuses résonnances esthétiques, physiques et poétiques qu’elle peut convoquer en nous, Sonopture Flora, c’est avant tout un monde dans un monde, la proposition d’un monde, d’une « virtualité réelle » où le sens de l’ouïe serait roi et où il est offert au visiteur, à l’acteur, d’éveiller ses aptitudes synesthésiques naturelles insoupçonnées.
J’explore à travers le concept de « Bois Précieux » une nouvelle façon d’entrer en relation avec les choses qui nous entourent où la matière devient sensitive et révèle toute sa splendeur sonore.
Un Bois Précieux nous permet de toucher le « son du bois » pour nous faire vivre une expérience sens-fictionnelle et ainsi d’éveiller notre monde invisible des émotions, des désirs et des rêves.
Les pierres précieuses sont appelées ainsi par la beauté des différentes couleurs qu’elles peuvent revêtir. De même, on dit d’un bois qu’il est précieux ou noble, lorsque celui-ci est à la fois massif et rare.
Bois Précieux est une série de sculpture sonore, tactile et lumineuse qui est construite sur le principe de la sonopture. Dans ma pratique artistique, cela consiste à reprendre le nom des pierres précieuses et de les associer à de vraies sculptures en bois quelconque ou pas, pour leur donner une dimension lumineuse mais surtout une signature sonore riche. Ses propriétés acoustiques sont révélées lorsqu’on va pour la toucher. Sensible et subtile, notre façon de la toucher, qu’elle soit douce, appuyé, brutale ou autre, déclenche des réactions sonores différentes. La matière est bel et bien sonore et le simple bois devient alors précieux.
La sculpture que je crée est pensée en rapport avec le type de pierre précieuse à laquelle elle est mise en symbiose, ainsi qu’avec les propriétés acoustiques et interactives que je lui confère. Le but étant de transcender le matériau et de l’enrichir dans le rapport sensoriel et émotionnel qu’on peut avoir avec lui.
D’une manière plus générale, je cherche à révéler dans cette matière, son potentiel sonore et ses éclats de lumière pour accentuer la personnalité acoustique qui se cache dans le bois.
Principe
Il s’agit alors de faire en sorte que ce matériau devienne sensitif pour qu’il puisse réagir. Par le biais de technologies, un Bois Précieux est doté de certains capteurs qui agiront comme des organes sensoriels grâce auxquels il pourra s’exprimer de façon lumineuse et sonore.
La lumière envoute mais le son aussi, surtout si cette dernière possède des caractéristiques musicales. Quand ces deux médiums s’hybrident au sein d’une sculpture que l’on peut toucher et avec laquelle on peut « communiquer », on touche à l’essence même de l’hyper-matière.
En effet, le Bois Précieux en est une et nous happe dans son univers surréel, en nous faisant vivre une complète expérience sens-fictionnelle.
Créations
Sculpture sonore sensitive tactile et lumineuse
Bois Précieux Saphir est une sculpture dont les nervures de vie, marquent les traces d’une signature sonore à la fois envoûtante et apaisante. Elle rayonne une aura bleutée qui tend à nous mettre dans un état d’hypnose lorsqu’elle se trouve dans un environnement sombre.
Attiré vers elle, la sculpture nous invite à faire connaissance avec elle, d’abord sans la toucher. Puis après ce court moment de méfiance amusé dû à la confrontation d’un objet dont il ignore tout, on se sent alors prêt à initier le premier contact.
On commence par des caresses en suivant ses nervures. Aussitôt, sa réaction sonore se fait entendre. Des sons de nature cristalline et organique résonnent et scintillent avec sensualité selon la manière dont on va on la toucher, la caresser, la frotter ou la gratter.
La beauté au sens large, se trouve là où l’on veut bien la voir. Le monde en recèle et il s’agit pour l’homme de la révéler, d’y porter l’accent, l’accent sur une forme de beauté latente.
Accent Latent Or-Données est une série de travaux qui consiste à organiser et disposer des éléments de la vie quotidienne pour en révéler un point de vue nouveau et pertinent.
En reprenant les travaux d’artistes sur la « generative data art » ou l’art d’ordonner les informations pour y déceler et y révéler des formes d’expressions latentes, j’aborde à ma manière l’utilisation de ce concept pour partager ce que je vois et ce que je ressens.
Le début du 21e siècle est entre autre, celui donc de cet Or-Données (par analogie avec l’or noir pour qualifier le pétrole) où les données (data en anglais), n’ont jamais été aussi variées et faciles à récolter. Ne serait-ce que par le biais d’internet, ceux des réseaux sociaux mais aussi grâce aux nouvelles technologies de captation telle que la Kinect, qui rend accessible à tous la « caméra 3D », utilisée jusqu’alors principalement que par les industriels en raison de leur prix très élevé.
L’Or-Données en abondance, peut valoir des milliards de dollars quand elle est utilisée comme le fait le réseau social à succès Facebook. Mais si ce dernier l’exploite dans une optique publicitaire et marketing, les artistes eux, par leurs démarches et leur process, l’adopte et l’intègre à leur matériauthèque pour y explorer de nouveaux champs de création spécifique à cette matière informationnelle.
Car, une des nombreuses définitions du mot « créer », c’est justement savoir relier les choses entre-elles.
Par analogie avec la peinture on peut voir par exemple que les relations et les connections sont pour les données ce que le liant est au pigment : il y a création de matière première malléable et au fort potentiel créatif.
Créations
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